Le 7 octobre dernier, alors que la rentrée scolaire battait son plein, Plan a lancé la compagne mondiale pour en finir avec la violence à l’école intitulée : « Apprendre sans peur ». En Afrique de l’ouest, le lancement régional a été organisé par le bureau régional de Plan pour l’Afrique de l’Ouest (WARO) à Dakar avec la participation de plusieurs partenaires tels que l’UNICEF, Save the Children Suède, Action Aid, AURA (Artistes Unis pour le Rap Africain), le groupe de rappeurs africains engagés pour la promotion et le respect des droits de l’enfant, Education International, et le Comité d’experts africains pour les droits et le bien-être des enfants.
Cette campagne a pour objectif de remettre en cause la culture de la complaisance qui entoure la violence contre les enfants en milieu scolaire. En effet, dans de nombreux contextes nationaux, l’usage de la violence à l’école est légitimé comme mode disciplinaire « normal » et moyen d’instaurer et d’entretenir des relations hiérarchiques entre les enseignants et les élèves, entre les garçons et les filles.
En Afrique de l’Ouest et du centre, où la violence dans les écoles a atteint des niveaux alarmants (voir le rapport « Apprendre sans peur » publié par Plan), la campagne porte essentiellement sur les châtiments corporels et la violence sexuelle.
Une série de rencontres et d’émissions a donc été diffusée sur différents média pour introduire la campagne et alerter les gouvernements, enseignants, élèves, parents d’élèves, ONG et média, sur l’urgence d’enrayer ce phénomène qui gangrène le milieu éducatif, déteint sur la qualité de l’éducation des enfants et risque de mettre à mal la stabilité sociale dans la sous-région.
On notera particulièrement :
Les châtiments corporels à l’école peuvent prendre plusieurs formes : les professeurs frappent, brûlent ou ébouillantent les enfants, ou encore les forcent à s’asseoir durant de longues périodes dans des positions inconfortables. Dans de nombreux pays, même lorsque les châtiments corporels sont interdits, les lois protégeant les enfants sont rarement appliquées.
Les châtiments corporels ont un effet préjudiciable sur l’apprentissage des enfants qui auront de moins bonnes chances de réussite. Ceux qui en sont victimes sont aussi ceux risquent le plus de quitter le système éducatif. Dans le pire des cas, les châtiments corporels peuvent provoquer des blessures physique ou la mort, conduire au suicide, à la dépression ou à l’alcoolisme.
En ce qui concerne l’exploitation et la violence sexuelle à l’école, ce sont les filles qui y sont les plus exposées, et elles sont souvent confrontées à la double menace des enseignants et des élèves masculins.
L’abus sexuel de type transactionnel est un problème spécifique à l’environnement scolaire africain : de nombreuses filles font l’objet de chantage de la part d’enseignants masculins exigeant des faveurs sexuelles en échange de bonnes notes (les fameuses « notes sexuellement transmissibles »), de fournitures scolaires, de nourriture ou de soutien pédagogique.
Les causes de la violence sexuelle varient considérablement, mais le comportement des enseignants et les stéréotypes de genre traditionnels sont des facteurs clé. En ne prenant pas au sérieux les plaintes d’abus sexuels, les enseignants et les autorités scolaires véhiculent le message selon lequel les abus sexuels seront tolérés.
Les victimes de violence sexuelle souffrent de traumatismes physiques et psychologiques et elles courent le risque d’infections sexuellement transmissibles, y compris du VIH. Outre les graves répercussions sur leur santé (conséquences des grossesses non désirées), les jeunes filles peuvent devenir les victimes de stigmates sociaux ou être contraintes à abandonner l’école.
Pour en savoir plus sur...
La violence à l’école :
La violence à l’égard des enfants :
