Le 12 juin dernier l’OIT a célébré la 7e Journée mondiale contre le travail des enfants sur le thème : "l’éducation est une bonne réponse au travail des enfants".
De façon pratique, on distingue le travail "acceptable" – c’est-à-dire léger, s’intégrant à l’éducation de l’enfant et dans la vie familiale et permettant la scolarisation – et le " travail des enfants ". Cette expression regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur dignité, nuisent à leur santé, compromettent leur éducation et conduisent à l’autres formes d’exploitation et de maltraitance (châtiments corporels, sévices sexuels).
L’OIT estime que le travail des enfants touche environ 165 millions d’enfants, âgés entre 5 et 14 ans. Cela concerne de nombreux secteurs d’activité à travers le monde : l’agriculture, l’industrie, les travaux domestiques, etc. Beaucoup enfants travaillent de très longues heures et dans des conditions souvent dangereuses (contact avec des produits chimiques, des équipements dangereux, trop lourds pour leur âge, au-dessus de leurs capacités…).
A écouter, à visionner :
On parle de traite ou de trafic d’enfant lorsqu’un enfant est déplacé par la force ou par la ruse, pour être exploité économiquement ou sexuellement à l’intérieur ou à l’extérieur d’un pays donné. A ce jour, la traite des enfants est l’une des pires formes de violations des droits humains à travers le monde. D’après l’OIT, cela concerne environ 1,2 million d’enfants chaque année, parmi lesquels des centaines de milliers d’enfants dans la seule région d’Afrique de l’Ouest.
Dans la sous-région, les enfants sont trafiqués pour le travail domestique, le travail dans les plantations ou les ateliers clandestins, le petit commerce, la mendicité, le racolage, le commerce du sexe ou sont recrutés par des groupes armés. Ils constituent une main-d’œuvre bon marché ou non rémunérée et peuvent travailler de 10 à 20 heures par jour, portant de lourdes charges, manœuvrant des outils dangereux, sans recevoir de boissons et de nourriture en suffisance. Ce trafic expose les enfants à la violence, à la maltraitance sexuelle et à l’infection par le VIH et enfreint leur droit d’être protégé, de grandir dans un cadre familial et d’avoir accès à l’éducation.
A écouter :
Au Togo, par exemple, le phénomène du trafic transfrontalier des enfants est très rependu.
Les filles sont destinées à travailler comme domestiques ou sur des marchés le plus souvent à l’étranger (Gabon, Bénin, Niger, Nigeria), et les garçons sont envoyés vers le Nigéria, la Côte d’Ivoire ou le Bénin pour des emplois dans les plantations agricoles.
Le processus est le même la plupart du temps : des agents qui travaillent pour des réseaux organisés de trafiquants d’enfants s’infiltrent dans les communautés défavorisées avec des offres alléchantes de scolarisation et de sources de revenus qu’il faut aller chercher ailleurs. Les enfants qui sont recrutés - avec ou sans l’aval de leurs parents - quittent le domicile familial dans l’espoir de pouvoir gagner assez d’argent pour soutenir financièrement leurs familles, de poursuivre leur éducation ou juste pour pouvoir acquérir des biens matériels telle qu’une bicyclette ou une radiocassette.
A visionner, à écouter :
En Afrique de l’Ouest l’exploitation des enfants à des fins de mendicité est très répandue avec le phénomène des talibés (disciples d’écoles coraniques). Le Sénégal est particulièrement touché, avec plus de 100 000 enfants mendiants (selon l’UNICEF) à travers le pays dont la majorité est constituée de talibés.
Ces jeunes garçons de 3 à 15 ans ont été confiés par leurs parents à un maitre coranique (marabout) pour recevoir un enseignement religieux. Cependant, au lieu de se concentrer sur les études religieuses, ils sont obligés de mendier tous les jours pour compenser le manque de ressources financières de leur marabout.
Avec le temps, cette pratique s’est transformée en une forme d’exploitation des enfants et ceux-ci sont très souvent maltraités physiquement s’ils ne rapportent pas la somme quotidienne qui leur a été fixée. Ces enfants sont donc très vulnérables car ils vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, souffrent de malnutrition, n’ont pas accès aux soins de santé et sont victimes de violences.
Malgré l’existence d’une loi interdisant l’exploitation des enfants et d’une autre qui rend la mendicité illégale (avril 2005), le Sénégal s’est transformé en carrefour de la mendicité et est devenu la destination de jeunes mendiants qui viennent de toute la sous-région.
A écouter, à visionner :



















